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Un homme est jugé pour violences et menaces de mort, ainsi que pour une agression sexuelle sur sa compagne, commis les 12 et 13 décembre 2024. Sur ce dernier point, c’est le parquet seul qui soutient l’accusation, la plaignante n’estimant pas avoir fait l’objet d’une telle agression. Le prévenu, également, réfute.

En rentrant de son travail de gestionnaire de patrimoine (100 000 euros par an avec les primes), Jacques a surpris Kelly* en train d’écrire à son ex. Sa conjointe depuis 3 mois, enceinte de son premier enfant, écrivait à un homme qui, dit-il au tribunal de Nanterre, l’avait violée lorsqu’ils formaient un couple, et ça l’a mis en colère, alors il a saisi le téléphone et remonté les conversations et l’a traitée de « grosse pute », il le reconnaît, tout comme il lui a dit qu’elle ne « méritait pas de vivre » mais plutôt de « crever sous un camion ».
Il lui aurait aussi craché dessus, ça il le conteste, et l’aurait secouée par les épaules, sur ce point il ne se souvient plus. Il lui a mis une gifle aussi.
Violences sans ITT, menaces et agressions sexuelles sont les chefs de prévention qui accable cet homme râblé cintré dans une costume/chemise d’employé de banque, bien ancré à la barre. A la demande de la juge qui préside la 20e chambre correctionnelle du tribunal de Nanterre, mercredi 1er juillet, il réitère sa reconnaissance des faits de violences et de menaces et conteste l’agression sexuelle. Il explique : « Dans notre relation, on a eu plusieurs embrouilles, et on se rabiboche le matin. Ce jour-là, j’ai pris sa main que j’ai posée sur mon sexe, elle l’a enlevée et je n’ai pas réessayé.
-Elle dit en effet que vous n’avez pas recommencé et qu’elle ne considère pas ça comme une agression sexuelle. »
Le parquet pense que la surprise est constituée, et va requérir la condamnation du prévenu de ce chef.
« Et sur les violences, vous avez parlé d’une légère gifle ? Ça change quelque chose qu’elle soit légère ? poursuit la présidente.
-Non c’est une infraction dans les deux cas.
-C’est une façon de minorer aussi. »
Quelques heures après, l’homme s’empare de nouveau du téléphone de sa compagne, qui le récupère en le bousculant. Et alors, pour Jacques, « les émotions se sont entrechoquées ».
-Vous lui avez mis un oreiller sur la tête, ça peut être très violent.
-J’ai pas contrôlé ma réponse. J’ai conscience que ce que j’ai fait est absolument abominable, c’est pour ça que j’ai fait ce travail.
-Quel travail ?
-J’ai fait un travail psychologique.
-Vous saviez qu’elle était enceinte ?
-Oui. J’aurais juste dû partir. »
Ce 13 décembre 2024, Kelly a appelé la police, qui a interpellé Jacques. Ils se sont séparés, et Kelly a avorté. Encore traumatisée par les faits, elle n’a pas pu venir à l’audience. Son avocat demande 7 000 euros de dommages et intérêts.
La procureure dit vouloir « rappeler le droit » ; quelle que soit l’opinion de la victime, elle estime l’agression sexuelle fondée. « Le consentement est préalable n’est pas présumé. Même en cas de conjugalité, le consentement existe aussi. La description du geste de Monsieur correspond à une agression sexuelle ». Elle demande 10 mois de prison avec sursis ainsi qu’une interdiction de contact.
En défense, l’avocat de Jacques estime que « le meilleur avocat de Monsieur, c’est Madame, car elle explique qu’ils se couchent dans le même lit, qu’ils ont l’habitude de se faire des câlins. Quel couple ne le fait pas ? » Entre le « droit » et « l’habitude » de couple, le tribunal tranche pour la relaxe du chef d’agression sexuelle, et condamne le prévenu à 6 mois de prison avec sursis, ainsi qu’à verser 2 000 euros à la victime.
*Le prénom a été modifié
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