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Un homme est prévenu du harcèlement de son ex-conjointe, en récidive. Dans le déni total de son comportement, il parle d’une relation qui n’existe plus et nie les faits constatés par policiers et voisins, ce qui inquiète le tribunal correctionnel de Nanterre.

Le 22 mai 2026, Lina* dit aux policiers du commissariat de Meudon : « Je pense qu’il a perdu la tête, il est incohérent et instable, comme parano. Je précise qu’il est alcoolique. » Puis elle porte plainte contre son ex-mari pour harcèlement et menaces.
Le même jour à 14h55 précisément, ces mêmes policiers ont interpellé Farid*, 47 ans, sur le palier du 3e étage où Lina réside avec leur fils de 12 ans. Il tambourinait à la porte en menaçant de tuer femme et enfant, de les « enculer ». La plupart des voisins interrogés ont confirmé que, depuis plusieurs jours, un homme errait, pieds nus au pied de l’immeuble, hurlait et invectivait Lina.
Après sa garde à vue, Farid a été placé sous contrôle judiciaire. Il avait une interdiction de contact et de se présenter au domicile de la plaignante. Le 25 mai, Lina l’aperçoit depuis chez elle, accroupi dans les buissons. Elle appelle le commissariat. Le soir-même, un juge des libertés et de la détention le place en détention provisoire.
Farid a été condamné en 2020, 2021 et 2025 pour des faits similaires. Ce 1er juillet, il est jugé par la 20e chambre correctionnelle du tribunal de Nanterre pour harcèlement de son ex-concubine en présence d’un mineur, du 19 au 22 mai, et comme en 2020, 2021 et 2025, Farid nie les faits, et jette depuis son box un regard de pigeon effronté, un œil un peu fou qui fixe de nombreux points dans la salle avec une intensité troublante.
La juge demande : « Pourquoi vous la harcelez de cette façon-là ? »
Il raconte être venu pour fêter l’anniversaire de son fils, qui était le 1er mai, mais il rentrait à peine d’un voyage de six mois au Maroc. Avec Madame, dit-il, « la relation est devenue compliquée depuis 2020. Je ne peux pas voir mon fils, elle ne respecte pas les droits de visite.
-D’accord, mais quand vous vous pointez à minuit et que vous êtes embusqué dans un buisson, ce n’est pas pour faire respecter un droit de visite.
-Je cherchais mes clefs de voiture. Toutes mes affaires sont restées dans le domicile.
-Mais Monsieur, vous êtes divorcés depuis 2021. »
Vivant dans l’ouest de la France, il est contraint de dormir dans sa voiture, dont il a perdu les clefs, et comme Lina a un double, il était venu le récupérer. La juge rétorque : « Madame demande une mesure d’éloignement, votre fils dit qu’il est mal à l’aise avec vous ; j’espère que ça valait le coup de récupérer ces clefs. »
Comme si la présidente n’avait rien dit, il explique : « Elle a divorcé quand j’étais incarcéré. Je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé. Je suis parti dans le sud-ouest. La relation est restée ambiguë entre nous.
–Qu’est-ce que ça veut dire ?
-Un jour on était ensemble, un jour on l’était plus.
-Qu’est-ce que ça veut dire être ensemble ?
-On était encore ensemble l’année dernière, mais j’ai compris que c’était une relation toxique, donc je me suis éloigné. Je la connais assez bien, elle cache notre relation à sa famille.
-Mais quelle relation ?
– La relation existe quand même.
-Je suis un peu inquiète.
-Moi aussi je suis inquiet. Elle me demande de venir…
-Quand bien même elle serait suppliante, qu’est-ce qui vous empêche de dire non ?
-Il y a mon fils. Et puis si j’avais pu sauver le couple.
-J’ai l’impression que vous êtes un peu dans le déni.
-C’est-à-dire ?
-Que vous inventez une réalité qui n’est pas tout à fait conforme aux faits objectifs.
-Moi tout ce que je demande c’est qu’on garde une bonne relation par rapport à l’enfant.
-Monsieur, à votre avis, quel effet ça fait sur votre fils de 12 ans, à l’intérieur du logement, quand vous tambourinez à la porte et hurlez ?
-J’ai jamais tambouriné, je sonne, tout simplement.
-Ce n’est pas ce qu’ont dit les policiers.
-Ils viennent d’arriver, ils n’ont rien vu. Ils vous entendent hurler et vous voient frapper sur la porte.
-J’étais pas en train de faire ça.
-Ça veut dire que les déclarations sont mensongères ?
-J’ai jamais hurlé. »
La procureure requiert deux ans, dont un an avec sursis probatoire renforcé avec exécution provisoire : interdiction de la ville de Meudon, de contact et de paraître au domicile de la victime. Retrait de l’autorité parentale. Exécution provisoire.
Contre son client, l’avocate en défense plaide qu’il « reconnait les faits, mais il voulait voir son enfant qu’il n’a pas vu depuis novembre 2025 puisqu’il est parti au Maroc pour arranger un mariage. » Farid a la parole en dernier : « Y’a des choses que je regrette, et d’autres que je ne regrette pas. J’ai mes défauts et je les accepte, mais je pense qu’on a tous des défauts. Notre relation a été toxique, plus pour moi que pour mon ex-compagne. Cette personne, je lui ai tout donné, je lui ai pardonné énormément de choses. »
Il fait une pause : « Les gens dans mon entourage disent que je suis une bonne personne, mais que j’ai parfois des comportements un peu bizarres. »
Après délibérations, c’est à trois ans dont un an avec sursis probatoire renforcé qu’est condamné Farid. Il lui est interdit d’entrer en contact et de paraître au domicile des victimes, de venir dans les Hauts-de-Seine ; il lui est fait obligation de fixer sa résidence dans le Gers, chez sa mère ou sa sœur : l’exercice de l’autorité parentale lui est retirée. Il annonce faire appel.
*Les prénoms ont été changés.
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