Article précédent

AVEC AFP. Lors du procès de Jean Marc Nicolle, le procureur a notamment requis un an de prison ferme sous surveillance électronique pour l’ancien édile soupçonné d’avoir financé son addiction aux paris hippiques aux frais de la ville.

Quatre ans de prison dont un an ferme sous surveillance électronique. C’est ce que risque l’ancien maire du Kremlin-Bicêtre Jean-Marc Nicolle (mandat 2016-2020) qui a comparu mercredi 17 juin à Créteil pour abus de confiance et recel de ce délit, escroquerie, favoritisme, corruption et trafic d’influence passifs, ainsi que blanchiment aggravé, sur une période allant de janvier 2013 à novembre 2017, selon l’ordonnance de renvoi qu’a pu consulter l’AFP.
L’ex édile de 61 ans est notamment soupçonné d’avoir financé son addiction aux paris aux frais de la commune et du parti dont il était une figure, le Mouvement républicain et citoyen (MRC), fondé par Jean-Pierre Chevènement, ancien sénateur français.
Lors des près de 10 heures de comparution, Jean Marc Nicolle a reconnu avoir été « aspiré dans la spirale de l’addiction » mais a réfuté avoir pioché dans les caisses de la ville.
D’après l’ordonnance de la juge d’instruction, plusieurs « généreux mécènes » de l’association d’œnologie que Jean Marc Nicolle présidait se sont révélés comme étant « attributaires de marchés publics pour le compte du Kremlin-Bicêtre ou de la Communauté d’agglomération de Val de Bièvre » au sein de laquelle Jean-Marc Nicolle occupait des fonctions.
À travers l’association, ce dernier se serait fait remettre plus de 223 000 euros « essentiellement consacrés aux paris sportifs », a complété la juge. L’ancien maire aurait également perçu 60 000 euros d’une autre association pour la rédaction de fascicules « recopiés quasi-intégralement » de documents trouvés sur internet.
Il est aussi accusé d’avoir « édité de fausses factures » pour un total de près de 17 000 euros, présentées à la fédération départementale du MRC et encaissées sur son compte personnel.
Si l’ancien maire a reconnu une partie des infractions, il a vivement contesté à l’audience avoir confondu l’argent de la ville et le sien : « L’association, bien sûr qu’il y a eu confusion. La commune non, jamais. »
Selon l’avocat Vincent Brengarth, qui représente le MRC 94, pour l’escroquerie et le blanchiment, les faits sont « archi caractérisés », citant les aveux de l’ancien maire en garde à vue.
Jean-Marc Nicolle a toutefois soutenu ne pas avoir voulu « nuire ». Aucun prévenu dans l’affaire n’a reconnu d’intention délictueuse : un entrepreneur évoque « sa bonne foi », une employée plaide « l’erreur », un autre chef d’entreprise parle d’une « coïncidence » entre dons et obtention de marchés publics.
Entre 4 et 18 mois de sursis ont été requis envers une employée de la mairie et des dirigeants des associations et sociétés.
LIRE AUSSI
THÉMATIQUES ASSOCIÉES
Infos locales, analyses et enquêtes : restez informé(e) sans limite.
Recevez gratuitement un concentré d’actualité chaque semaine.
0 Commentaire
Laisser un commentaire
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *