Article précédent

Après l’annonce en grande pompe (et notamment par Emmanuel Macron) de ce projet d’ampleur prévu à Courdimanche et dans une partie du parc national du Vexin, comprenant notamment un parc d’attractions dédié à la franchise « Dragon ball », des habitants se sont constitués en collectif et ont lancé une pétition contre ce qu’ils appellent « un projet démesuré ».

La pétition, lancée sur le site change.org, a déjà recueilli près de 1700 signatures. « Notre territoire a besoin d’emplois, d’activités économiques et d’investissements. Mais il a besoin d’un développement compatible avec les limites de notre planète, respectueux de l’identité de nos villes et tourné vers les besoins de celles et ceux qui y vivent », écrit notamment le collectif « Mirapolis aux habitants » sur la page dédiée à la pétition. « Nous refusons que notre territoire devienne la variable d’ajustement d’un projet touristique et commercial démesuré. »
Ce regroupement de riverains, d’élus et de militants écologistes est né de l’opposition grandissante au projet porté par l’Arabie saoudite de construire trois parcs d’attractions sur l’ancien site du parc d’attractions « Mirapolis », au cœur du parc du Vexin français dans le Val d’Oise. Budget prévu pour ce futur chantier gargantuesque qui pourrait s’étendre sur 200 hectares : 6 milliards d’euros, en partie issus de fonds d’investissements saoudiens. La contestation vient aussi du fait que la décision s’est faite, selon le collectif, « dans le secret des négociations », sans que les habitants ne soient consultés.
« Avant de parler de rentabilité ou d’attractivité, nous voulons savoir : à qui ce projet est-il utile ? Est-il compatible avec notre territoire et avec les limites écologiques de notre planète ? Et enfin, qui décide ? », interroge le collectif, qui se présente comme « citoyen, indépendant et apartisan ».
Outre « la suspension immédiate du projet », « Mirapolis aux habitants » veut aujourd’hui interpeller les pouvoirs publics sur le futur de ce site, et passer de ce projet « inutile et délétère » à un projet d’avenir « qui réponde réellement aux besoins du territoire », construit avec les habitants et « en accord avec (…) les impératifs écologiques ». Aujourd’hui, le site en friche est habité par des gens du voyage. Près de 300 personnes s’y sont installées, depuis près d’une dizaine d’années.
Dans le Val-d’Oise, le projet est aussi jugé en décalage avec les épisodes caniculaires et les canicules qu’a connus le pays cet été. « Avec le réchauffement climatique, je ne vois pas la cohérence de ce projet qui est d’un autre temps. Certains oublient l’histoire récente », s’est notamment exprimé Bernard Loup, ancien président de Val d’Oise environnement, dans La Gazette du Val d’Oise. EELV a demandé par ailleurs « un débat public » pour réfléchir à « des alternatives », notamment des activités agricoles « pour une alimentation locale » proposée aux Val-d’Oisiens.
Les signataires souhaitent aussi la réalisation d’études « indépendantes, transparentes et préalables » évaluant les impacts sur l’environnement, sur les transports et la santé publique d’un tel projet, « ainsi que sur l’ensemble de ses conséquences économiques et sociales ». Le collectif appelle enfin à « un dialogue direct avec l’Etat et une prise de position claire des élus locaux ».
Les élus locaux, comme le maire de Cergy et président de l’agglomération de Cergy-Pontoise Jean-Paul Jondon, voient plutôt dans ce grand projet de parc d’attraction une opportunité pour le territoire. Pour l’élu, il sera aussi question d’en profiter pour améliorer l’offre de transports, notamment la branche Est du RER A et le tramway T13, en cours de conception par la Région.
Emmanuel Macron avait évoqué, dans ses annonces, la possibilité de créer près de 22 000 emplois avec le projet. Et Valérie Pécresse y a vu une possibilité de « vraiment conforter l’attractivité touristique de l’Ile-de-France », apprend-on dans des propos rapportés par France info.
Des attentes encore loin de se concrétiser. Aucun calendrier n’a pour le moment été communiqué pour la construction du grand parc. Autre caillou dans la chaussure du futur parc d’attraction dédié aux mangas : Toei Animation Co., la société japonaise propriétaire des droits de la licence Dragon Ball a démenti, dans un communiqué publié le 31 août, avoir « octroyé une licence d’utilisation » aux porteurs du projet.
LIRE AUSSI
THÉMATIQUES ASSOCIÉES
Infos locales, analyses et enquêtes : restez informé(e) sans limite.
Recevez gratuitement un concentré d’actualité chaque semaine.
0 Commentaire
Laisser un commentaire
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *