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Réalisé à l’issue d’une visite menée le 21 octobre 2026, entre 6 h 20 et 7 h 35, par une délégation de quatre membres du conseil de l’ordre du barreau de Seine-Saint-Denis, le rapport relève de nombreux manquements au dépôt du tribunal judiciaire de Bobigny, dans un contexte de mobilisation lycéenne, ayant entraîné de nombreuses gardes à vue et des déferrements.

Le dépôt du tribunal judiciaire de Bobigny continue de faire polémique. Près d’un an après les accusations de viols visant des policiers du dépôt sur une femme de 26 ans, quatre avocats mandatés par la bâtonnière de Seine-Saint-Denis, Sandrine Beressi, ont visité les lieux mercredi 21 octobre entre 6 h 20 et 7 h 35. Dans le rapport qui a suivi, publié le même jour, ils dénoncent plusieurs manquements, notamment le froid, l’absence de matelas et des conditions d’hygiène dégradées.
Ces constats interviennent alors que de nombreux mineurs y ont été placés en retenue dans le cadre des pillages et des dégradations survenus après la manifestation du 17 octobre.
Le rapport relève plusieurs dysfonctionnements dans la prise en charge des mineurs. Dans certaines cellules, des occupants doivent crier pour espérer pouvoir aller aux toilettes, souligne-t-il. Plusieurs se plaindraient également du froid. Les mineurs affirment par ailleurs ne pas s’être vu proposer de kit d’hygiène, ou un kit inadapté – destiné aux hommes, par exemple, alors qu’il est adressé à une jeune fille. Le rapport précise toutefois que tous les mineurs ont été nourris, le service du dépôt annonçant même « la distribution du petit-déjeuner en fin de visite ».
Le document pointe également l’absence de cellule réservée aux mineures. Certaines sont ainsi placées dans des cellules situées dans le couloir des hommes majeurs, une situation que le service justifie par la nécessité de séparer des personnes impliquées dans une même affaire. Le rapport ne fait toutefois état d’aucun partage de cellule entre une mineure et un homme majeur.
Les photographies jointes au rapport illustrent ces conditions de détention très dégradées : des mineurs sans matelas, parfois plusieurs dans des cellules de quelques mètres carrés encombrées de déchets. Certains contraints de s’allonger à même le sol, leur couchette étant trop petite.


Sur LinkedIn, la bâtonnière Sandrine Beressi qualifie ces conditions d’« indignes » et y voit « la conséquence directe d’un choix politique ». Elle met notamment en cause la circulaire du garde des Sceaux, Gérald Darmanin, du 2 octobre, qui exige une réponse pénale « ferme et rapide » et qui, selon elle, « a produit des défèrements vers des locaux que chacun sait inadaptés ».
Cette situation est d’autant plus préoccupante que, le 20 octobre, « 86 personnes étaient détenues au dépôt » pour seulement dix matelas disponibles, « attribués aux premiers arrivés ». Si Sandrine Beressi ne conteste pas « la nécessité de juger vite », elle rappelle que la « rapidité n’est pas une fin en soi : elle n’a de sens qu’au service du relèvement éducatif du mineur ». La bâtonnière insiste également sur le caractère impératif du respect de la dignité : « Un mineur privé de liberté doit être traité avec humanité, en tenant compte des besoins de son âge. C’est une obligation, pas une option. »
Dans son message, elle indique par ailleurs que le procureur de la République, Alexandre de Bosschère, a reconnu que ces mineurs « n’ont pas pu être accueillis […] dans des conditions acceptables ». Il se serait engagé à limiter strictement les présentations de nuit aux situations exceptionnelles et à interdire l’utilisation nocturne des cellules individuelles, jugées trop petites. Un engagement qui suscite toutefois des réserves chez la bâtonnière : « Cet engagement, le parquet l’avait déjà pris en 2025. Cette nuit a montré ce qu’il vaut quand la pression politique s’accentue. Une parole ne protège pas un mineur ; seul son respect le fait. »
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