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AVEC AFP. Les faits reprochés se seraient déroulés pour la majorité entre 2015 et 2023, soit la quasi-intégralité du mandat de l’ancien édile. Lors de ce procès qui doit durer quatre semaines, 17 personnes physiques et 11 personnes morales sont mises en cause.

Le procès de Jean-Michel Genestier, l’ex-maire divers droite du Raincy, en Seine-Saint-Denis, jugé devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour de multiples infractions, dont le détournement de fonds publics et la prise illégale d’intérêt, s’est ouvert ce lundi 5 octobre pour une durée de quatre semaines.
Il aura fallu plus de 2h30 à la présidente et à ses assesseurs pour égrener les charges pesant sur les 17 personnes physiques et 11 personnes morales mises en cause.
Selon Antoine Savignat, l’avocat de la Ville du Raincy, qui s’est porté partie civile, le dossier a compté plus d’une quarantaine de mis en cause avant que certaines sociétés ne soient radiées ou entrent dans un processus de plaider-coupable.
Au menu de ce procès : des « détournements de fonds publics », des « prises illégales d’intérêt », du « favoritisme », de la « corruption » active et passive, du « blanchiment », de la « négligence », des « surfacturations » et des « rétrocommissions ».
Les faits reprochés se seraient déroulés pour la majorité entre 2015 et 2023, des dates qui recoupent peu ou prou la période de mandat de Jean-Michel Genestier, maire de 2014 à 2026.
A la tête de la commune du Raincy, parfois surnommée « le petit Neuilly du 93 » pour son niveau de vie relativement plus élevé, il lui est notamment reproché d’avoir embauché entre 2015 et 2018 Anissa P., avec qui il était proche, comme adjointe administrative en tant que contractuelle, au mépris des règles régissant l’emploi dans la fonction publique territoriale.
La présidente du tribunal a également mentionné une rémunération qui n’était pas en adéquation avec la qualification et l’expérience d’Anissa P. qui après avoir travaillé pour la mairie, a bénéficié de marchés publics sans mise en concurrence ou dans des conditions et des délais qui ne permettaient pas une égalité de traitement entre les candidats.
Celle qui a notamment été chargée du suivi des travaux pour la commune a pour sa part été également renvoyée devant le tribunal pour avoir fait profiter plusieurs entreprises de contrats de marchés publics en échange de rétrocommissions et avec des surfacturations établies au préjudice de la ville du Raincy.
L’avocat qui représente Le Raincy a fait état auprès de l’AFP d’un « préjudice considérable » pour la commune, estimé à plusieurs centaines de milliers d’euros minimum.
Certains marchés ont notamment été attribués à des sociétés dirigées par la fille d’Anissa P. ou par des hommes avec qui Anissa P. entretenait des « relations amoureuses », a déclaré la présidente du tribunal.
Il est également reproché au maire, qui a validé les bons de commande litigieux, d’avoir profité d’avantages en échange de l’octroi de contrats, notamment de travaux à son domicile.
À la sortie de l’audience, Jean-Michel Genestier a affirmé n’avoir pas gagné « un centime » et avoir fait des signalements à la justice « chaque fois » que possible.
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