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Dans un communiqué, Jean-Marie Vilain dénonce la « trahison » du groupe Renault, qui s’apprêterait à mettre un terme au développement du « centre d’ingénierie d’excellence » prévu sur la ville de l’Essonne à la place du site de production de moteurs de Formule 1. La décision aurait été prise en dépit des promesses du groupe, qui avait assuré que le site ne disparaîtrait pas.

Un bassin d’emploi et une économie locale menacés ? « Mon inquiétude reste très grande ». Ce mardi 10 février, joint par le JSS, Jean-Marie Vilain (Les Centristes) redit son désarroi de voir peut-être disparaître une entreprise phare de la ville : le groupe Renault serait sur le point de renoncer à la transformation de l’usine de production Alpine de Viry-Châtillon en « centre d’innovation ». Malgré les promesses faites aux employés et aux élus locaux.
« Dans le cadre de la stratégie de développement économique d’Alpine, Renault sports avait récupéré cette usine il y a une trentaine d’années, rappelle l’élu. Depuis, c’était devenu un site historique, important, qui faisait vivre les commerces et l’attractivité de la ville ».
Déplorant les « mensonges » du groupe automobile, aujourd’hui, l’édile craint à nouveau pour les emplois de près de 400 personnes salariées de l’usine. Renault, de son côté, n’a pas communiqué officiellement sur cette fermeture et n’a pas confirmé les informations obtenues par l’élu. Les syndicats disent quant à eux attendre les annonces officielles du groupe avant de réagir.
C’est en tout cas un nouveau rebondissement dans cette polémique locale, qui a débuté le 30 septembre 2024 : ce jour-là, la filiale Alpine avait annoncé la fermeture du centre de développement des moteurs F1, et la fin de sa collaboration avec Renault, après près de 50 ans au service de l’écurie française, qui travaille désormais avec Mercedes.
Une forte mobilisation avait suivi ces annonces, les syndicats allant même jusqu’à menacer de ne plus faire démarrer les voitures. Peine perdue : malgré leurs succès en courses (770 Grands Prix depuis 1977) et leurs nombreux podiums, l’arrêt de la fabrication des moteurs made in Viry était acté au profit de moteurs plus « responsables ». Le 7 décembre 2025, le Grand Prix d’Abu Dhabi a été la dernière course de Formule 1 de ces moteurs conçus en Essonne.
« Si la déception avait été grande (…), la ville et les salariés d’Alpine avaient affiché leur esprit de responsabilité en prenant acte de la volonté du groupe Renault de créer un centre d’ingénierie d’excellence, baptisé Hypertech Alpine, qui devait mettre en œuvre les projets de la future Supercar Alpine, le développement d’un moteur hydrogène, prendre en charge le développement des batteries de demain (…), tout en participant au championnat du monde d’endurance ainsi qu’au rallye Paris-Dakar », relate Jean-Marie Vilain.
A la suite de ces annonces, un comité de suivi du bon déroulement du projet a été mis en place, sous l’égide de la préfecture de l’Essonne. Ce comité s’est réuni deux fois depuis, en octobre 2024 et en mars 2025. Les engagements de Renault y auraient été réitérés. Mais, en ce mois de février 2026, Jean-Marie Vilain aurait appris cette nouvelle auprès d’un dirigeant d’Alpine : la transformation du site en « centre d’excellence en ingénierie et haute technologie » ne devrait pas aboutir.
Le maire raconte : « Alors que nous souhaitions de nouveau réunir ce comité de suivi pour faire le point, postérieurement à l’arrivée fin juillet 2025 du nouveau dirigeant de Renault, François Provost (…), quelle n’a pas été ma stupéfaction d’apprendre que Renault renonçait à ses engagements. » L’annonce officielle devrait intervenir lors d’un Comité social d’entreprise ce 12 février.
Evoquant sa « perte de confiance » envers les dirigeants du groupe automobile, le maire décrit aussi l’aspect presque « sentimental » qu’a ce site industriel pour les habitants. Ses contours font partie du paysage essonnien, et les lettres du bâtiment, à la couleur jaune si caractéristique de la F1, se dessinent dès la sortie « Viry-Châtillon » de l’autoroute A6.
« C’est tout bonnement scandaleux, s’emporte-t-il. Cela fait fi de tous les engagements qui avaient été pris. C’est d’autant plus incompréhensible que Renault commençait à connaître de bons résultats après une première victoire historique de l’A424 aux 6 heures de Fuji, en septembre dernier, et une victoire il y a quelques jours au rallye Paris-Dakar ». Et de rappeler que le groupe a annoncé une hausse de près de 7 % de son chiffre d’affaires au troisième trimestre 2025.
La députée de la 7e circonscription de l’Essonne, Claire Lejeune (LFI), a également réagi, ce mardi, pointant le « scandaleux abandon du projet Hypertech Alpine ». « C’est une capitulation technologique et industrielle de la part de la direction de Renault », accuse-t-elle sur son compte X.
La mairie a lancé cette semaine une pétition pour maintenir l’activité du site Renault-Alpine. Et ce mardi matin, Jean-Marie Vilain a été reçu par un conseiller de Sébastien Marin, ministre de l’Industrie, où il a expliqué la situation vécue par sa commune. « En tant qu’actionnaire majoritaire (à hauteur de 15 %, ndlr), l’Etat doit jouer son rôle et obtenir des réponses claires sur ce que je considère être une trahison du groupe Renault », insiste l’élu. Je me réserve le droit de mener toutes les actions possibles contre cette trahison, avec les élus ». Quand on lui demande ce qu’il entend par là, le maire répond : « Manifester avec les employés, par exemple. »
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