Le maire de Neuilly-Plaisance saisit la justice contre la pose d’un câble de 20 000 volts et appelle à faire bloc contre Enedis

Christian Demuynck a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil pour obtenir la suspension des arrêtés préfectoraux autorisant la poursuite du chantier sous les rues de sa commune. En parallèle, l’élu a lancé un appel national à ceux qui auraient eu un litige avec le distributeur d’électricité.


lundi 21 septembre à 10:163 min

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Photo par iStock.

« Parce qu’aucun citoyen, aucune entreprise, aucune commune ne doit rester seule face à Enedis. » Dans un communiqué du 17 septembre, le maire de Neuilly-Plaisance, Christian Demuynck (DVD), a lancé un appel à la mobilisation nationale. L’édile y invite particuliers, entreprises, collectivités et avocats ayant connu « un litige, un contentieux ou un engagement non respecté » avec le distributeur d’électricité à se manifester afin de rassembler « les dossiers, les expériences, les décisions de justice et les compétences ».

Le maire a également porté cette mobilisation sur le terrain judiciaire. Selon Le Parisien, il a saisi en fin de semaine dernière le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil, afin d’obtenir la suspension des arrêtés préfectoraux autorisant la poursuite du chantier d’installation d’un câble de 20 000 volts sous les rues de la commune.

Un engagement contesté sur la remise en état des voiries

Le conflit remonte à cet été. Enedis intervenait alors pour le compte de la Société des grands projets (SGP) et réalisait des travaux de terrassement et de poser des fourreaux destinés à accueillir un câble électrique de 20 000 volts. Celui-ci devait alimenter deux tunneliers de la ligne 15 Est du Grand Paris Express depuis le chantier de la gare de Val-de-Fontenay. Ces opérations nécessitaient l’ouverture de plusieurs chaussées communales.

Dans un communiqué publié le 27 juillet, le maire avait accusé le distributeur d’électricité de revenir sur son engagement, « plusieurs fois renouvelé au cours de réunions de chantier », de refaire intégralement les voiries dégradées. Il refusait alors que sa commune devienne « la variable d’ajustement d’un chantier de plusieurs milliards d’euros ». Contactée à l’époque par le JSS, Enedis avait assuré que « la Société des grands projets et Enedis veill[ai]ent à ce que [la voirie] soit remise en état ».

Une confiance rompue avec Enedis

Le 2 septembre, une médiation de la dernière chance sous l’égide du sous-préfet du Raincy n’a pas non plus permis de débloquer la situation – bien que, d’après Le Parisien, Enedis se soit dite « ouverte à la discussion ». Le 15 septembre, sa présidente, Marianne Laigneau, a fini par refuser.

Dès le lendemain, les travaux ont finalement repris sans information préalable de la ville, ce que Christian Demuynck dénonce aujourd’hui. L’élu résume ainsi ce qu’il considère comme la méthode du distributeur : « Obtenir, réaliser les travaux, puis renier une fois l’essentiel achevé. »

Dans son recours, il pointe également « les conséquences immédiates et difficilement réversibles des travaux, ainsi que le doute sérieux entourant la légalité de la substitution préfectorale ». Le maire assure par ailleurs étudier « toutes les voies permettant d’obtenir réparation et d’établir les responsabilités d’Enedis, y compris l’engagement d’une procédure pénale ».

Des travaux toujours en cours

La préfecture, qui déplore l’échec de la médiation, rappelle de son côté que ces travaux sont « indispensables pour l’entrée en service de l’un des tunneliers du Grand Paris Express ». Elle souligne également que le référé n’est pas suspensif, ce qui permet au chantier de se poursuivre, sauf si le tribunal administratif retient à la fois l’urgence et l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de l’arrêté. Le préfet appelle ainsi, « dans l’intérêt général », à un rétablissement rapide du dialogue.

La Société des Grands Projets (SGP) assure pour sa part que le calendrier du chantier n’est pas menacé : le premier tunnelier doit s’élancer en janvier 2027 vers Nogent-Le Perreux et Champigny Centre, tandis que le second est attendu en mai en direction de Rosny-Bois-Perrier.

Christian Demuynck, lui, ne compte pas s’en tenir au dialogue. « Quand une entreprise chargée d’une mission de service public revient sur sa parole, c’est la confiance elle-même qui est fragilisée », estime l’ancien député et sénateur, qui entend désormais porter le dossier au-delà des limites de sa commune. Son mot d’ordre : « La parole donnée doit être tenue. »

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