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AVEC AFP. Pierre Coppey préside également depuis plus de 25 ans l’association Aurore, qui aide à la réinsertion par le logement, les soins et le travail. Sauf opposition des commissions des Lois de l’Assemblée nationale et du Sénat, il succédera à Dominique Simonnot.

Emmanuel Macron a proposé mercredi l’ex-président de Vinci Autoroutes Pierre Coppey, qui dirige une association de réinsertion, comme contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), dans un contexte de crise profonde du système pénitentiaire français.
Annoncé par l’Élysée, ce choix doit désormais être validé par les commissions des Lois du Sénat et de l’Assemblée, qui peuvent s’y opposer à la majorité des trois cinquièmes, avant que ce chef d’entreprises de 63 ans n’entame son mandat de six ans, non renouvelable et non révocable.
Il succéderait alors à la journaliste Dominique Simonnot à la tête de cette autorité administrative indépendante chargée de défendre les droits fondamentaux dans les prisons, mais aussi les hôpitaux psychiatriques, les centres de rétention administrative, les centres éducatifs fermés et les locaux de garde à vue.
Né en 1963, diplômé de l’Institut d’études politiques de Strasbourg et de l’École nationale supérieure des PTT, Pierre Coppey a débuté dans la communication à La Poste avant de rejoindre Vinci en 1992. Il y est devenu directeur général adjoint chargé de la communication, des ressources humaines et des synergies, puis a présidé Cofiroute à partir de fin 2007 et Vinci Autoroutes à partir de juillet 2009.
Directeur général délégué du groupe et président de Vinci Concessions entre 2014 et 2016, il a quitté en novembre 2024 la présidence des sociétés concessionnaires de Vinci Autoroutes.
Pierre Coppey préside depuis plus de 25 ans Aurore, une association œuvrant à la réinsertion par le logement, les soins et le travail de personnes en situation d’exclusion ou de précarité, notamment d’anciens détenus. Créée en 1871, l’association revendique près de 30 000 personnes hébergées, soignées ou accompagnées. Il préside également le Centre de musique baroque de Versailles.
Dans son ultime rapport, Dominique Simonnot avait dénoncé au printemps « la catastrophe pénitentiaire » française avec une surpopulation « endémique » aggravée par la vétusté et l’insalubrité de nombreuses infrastructures ainsi que le sous-effectif chronique des surveillants.
« Du courage politique, voilà ce qu’il faudrait pour que tout s’améliore, mais cette année aura été, sur ce point, une des moins respectables qu’auront connue, en France, celles et ceux qui y sont enfermés », avait-elle encore fustigé.
La France est le pays présentant le pire bilan en Europe en matière de densité carcérale, ex-aequo avec la Turquie (131 personnes détenues pour 100 places), selon les chiffres de 2025 du Conseil de l’Europe.
La situation s’est depuis aggravée : au 1er septembre, les prisons françaises comptaient 90.020 détenus pour 63.348 places, un énième record, battu chaque mois.
Après plusieurs condamnations par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), le sous-comité de l’ONU pour la prévention de la torture (SPT) avait tiré la sonnette d’alarme en mai, estimant que la surpopulation carcérale française portait « atteinte aux droits fondamentaux des détenus » et était susceptible de « constituer un traitement inhumain ou dégradant ».
La situation est particulièrement noire dans les maisons d’arrêt, où sont censés n’être emprisonnés que les condamnés à de courtes peines ou les personnes en attente de jugement, donc présumées innocentes.
La densité carcérale y est de 176,1 %, avec de nombreux établissements comptant plus de deux détenus pour une place, entassés dans des cellules insalubres, surchauffées l’été, glaciales l’hiver, parfois infestées de nuisibles, dormant souvent sur des matelas au sol.
Le ministère de la Justice entend ouvrir 3 000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, réputées moins chères. La moitié est en cours de construction et le premier établissement devrait ouvrir « d’ici la fin de l’automne à Troyes » (nord-est), a indiqué à l’AFP l’administration pénitentiaire (AP).
Selon le dernier bilan communiqué mercredi à l’AFP par l’AP, sur les 15 000 places de prison additionnelles prévues dans un plan national lancé en 2018, seulement un peu plus de 8 000 ont été livrées.
Pour Dominique Simonnot, la construction n’est pas la solution : « Au regard du rythme actuel de progression de la surpopulation, il conviendrait, pour l’absorber, de mettre en service un centre pénitentiaire toutes les six semaines. »
Elle réclame un « mécanisme contraignant de régulation carcérale », comme en Allemagne par exemple. Ce dispositif prévoit qu’au-delà d’un certain seuil, une entrée en détention s’accompagne obligatoirement d’une sortie. Mais le garde des Sceaux Gérald Darmanin y est farouchement opposé.
Avant Dominique Simonnot, le poste de contrôleur général des prisons avait été confié à la magistrate Adeline Hazan (2014-2020) et à Jean-Michel Delarue (2008-2014), un haut fonctionnaire spécialiste des questions carcérales.
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