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Le maire de Saint-Denis s’est justifié en évoquant un désaccord sur la rédaction du texte, qui appelait également à l’adoption rapide d’une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. Sa majorité affirme avoir proposé des modifications afin de permettre un vote à l’unanimité, sans succès.

Bally Bagayoko dans la tourmente ? Depuis son arrivée à la mairie de Saint-Denis-Pierrefitte, l’élu LFI suscite régulièrement des réactions, chacune de ses prises de position faisant l’objet d’une attention particulière.
De quoi amener le maire à publier sur X, vendredi 9 octobre, une déclaration au nom d’Ensemble retrouvons l’espoir, l’alliance de gauche à la tête de la majorité municipale, pour expliquer son abstention lors du vote d’une proposition présentée en conseil municipal, jeudi 24 septembre, par le groupe d’opposition Socialistes, Écologistes et citoyens, « contre l’excision et les mutilations sexuelles féminines et pour l’adoption de la loi intégrale VSS ».
Cette abstention avait fait vivement réagir à droite. A l’instar de Charlotte Rocher, conseillère d’arrondissement (LR) dans le 15e arrondissement de Paris, qui s’était fendue d’un tweet assassin largement relayé : « La honte. La Seine-Saint-Denis est le département français le plus touché par l’excision mais devinez quoi ? Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, s’est abstenu sur le vote d’un vœu pour la protection des filles et des femmes contre l’excision. »
En réaction, la majorité municipale affirme, dans son communiqué, qu’elle partage bel et bien les objectifs du texte concernant la lutte contre l’excision. Mais elle explique avoir émis des réserves sur sa formulation et, plus particulièrement, sur la demande d’adoption rapide d’une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles.
Elle indique avoir demandé au groupe à l’origine du vœu d’« amender le titre et le contenu afin de retirer les mentions qui demandaient l’adoption au plus vite de loi intégrale VSS par le parlement ». En cause, les évolutions encore possibles de la proposition de loi, examinée en commission à l’Assemblée nationale la semaine même du conseil municipal, notamment sous l’impulsion des groupes de droite et d’extrême droite.
Pour Ensemble retrouvons l’espoir, il était donc prématuré de soutenir un texte dont la teneur définitive restait incertaine. « Cela aurait revenu à donner un blanc-seing à un texte dont nous ne connaissions pas le contenu, et pour lequel nous émettions un certain nombre de réserves », justifie le groupe à la tête du conseil municipal.
Le groupe regrette que les élus à l’origine du vœu aient « refusé de donner suite à ces légères modifications qui auraient pu permettre d’aboutir à un vœu voté à l’unanimité ». Il assure néanmoins avoir salué « le travail exceptionnel de la Maison des femmes, de l’hôpital Delafontaine et des associations » et demandé à l’État « des moyens renforcés, notamment pour la médecine scolaire, le suivi médical et la prévention ».
La majorité rappelle également que près de 500 patientes sont suivies chaque année à Saint-Denis pour des mutilations sexuelles féminines.
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