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Instrument du contrôle parlementaire, les questions écrites permettent aux sénateurs d’interpeller le gouvernement… Encore faut-il obtenir une réponse ! Industrie en tête, Santé à la traîne… Dans le palmarès publié par le Sénat, les écarts entre ministères sont marqués et les retards nombreux.

« Jean-Noël Barrot : très bien. Édouard Geffray : belle progression. Stéphanie Rist : reprenez-vous ! » Si le Sénat notait les ministres comme les professeurs notent leurs élèves, le résultat pourrait ressembler à ça.
Jeudi 19 février, l’institution a publié sur ses réseaux sociaux son palmarès des ministères selon leur taux de réponse aux questions écrites des sénateurs – principal outil d’interpellation de l’exécutif – depuis le début de la XVIIe législature, en juillet 2024. Et les écarts entre membres du gouvernement sont marqués. Fait notable : l’institution présente cette année les pourcentages sous forme de visuels explicites, qui mettent particulièrement en lumière les retardataires.
Dans le classement complet publié par la chambre haute, en excluant les portefeuilles très peu sollicités – Outre-mer, Relations avec le Parlement ou Francophonie, qui ont reçu moins de dix questions et affichent 100 % de réponses – c’est le ministère de l’Industrie, occupé par Sébastien Martin depuis octobre 2025, qui s’en tire le mieux, avec un taux de réponse de 92 %.
Le Quai d’Orsay, piloté par Jean-Noël Barrot depuis plus de deux ans, suit de près (91 %). La Ruralité, dirigée par Michel Fournier, complète le podium (89 %). Le Sénat note aussi la forte progression du ministère de l’Éducation nationale d’Édouard Geffray : 68 % de réponses(+ 26 points depuis octobre 2025).
À l’autre bout du classement, la Fonction publique, l’Égalité femmes-hommes et surtout la Santé accusent un net retard. Pour ce dernier ministère, tenu par Stéphanie Rist depuis octobre 2025, le taux de réponse plafonne à 39 %, inférieur de 25 points à la moyenne.
Il s’agit toutefois du ministère le plus sollicité depuis le début de la législature, avec 1 340 questions au total, soit plus du double que le deuxième ministère le plus interrogé. Il est même celui qui a répondu au plus grand nombre d’interrogations (516) des sénateurs, devant l’Aménagement du territoire et l’Intérieur.
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L’institution a également évalué les réponses du gouvernement dans le délai réglementaire délai de deux mois, qui prévoit que « toute question écrite à laquelle il n’a pas été répondu dans les délais prévus à l’alinéa 2 est convertie en question orale si son auteur le demande ».
Le constat est sévère : seules 14 % des réponses arrivent dans les temps. C’est le ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes d’Aurore Bergé qui s’en sort le mieux (39 %). Ceux de la Santé, du Travail, de la Transition écologique, de l’Industrie, de la Fonction publique, de l’Enseignement supérieur, de l’Action et des Comptes publics et de l’Éducation nationale arrivent sous la barre des 10 %.
Au total, le gouvernement a répondu à 4 809 questions depuis juillet 2024. 64 % des interrogations ont donc obtenu une réponse, un chiffre en baisse par rapport à la précédente législature où ce taux atteignait 69 %.
Ce recul s’explique probablement en partie par l’instabilité gouvernementale, les gouvernements démissionnaires ne répondant pas ou peu aux questions. Entre le 18 juillet 2024, soit deux jours après la démission officielle du gouvernement Attal après la dissolution, et la nomination du gouvernement Barnier le 21 septembre 2024, aucune réponse n’avait été transmise.
À ce jour, 2 691 questions restent en attente, dont 824 pour le seul ministère de la Santé.
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