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CHRONIQUE JUDICIAIRE. Un jeune majeur a été interpellé en train de vendre de la drogue. C’est la 3e fois en an. Ce mois de juillet devant les comparutions immédiates de Pontoise, il admet tout sans difficulté, sauf une chose : il n’a pas vendu de crack.

Steve entre dans le box comme monté sur ressorts, tel un boxeur prêt à en découdre, poids super plume ; petit, frêle et imberbe, il dénote autour des policiers balèzes, barbus et harnachés de gilets par balle, mais il a une présence naturelle qui découle d’une effronterie longuement éprouvée.
Steve a dealé, en récidive légale. Des policiers en surveillance, dit la présidente, l’ont observé procéder à deux transactions dans un quartier de Cergy connu pour son trafic de stupéfiants. Le client vient à son contact, Steve prend l’argent, il entre dans un parking dont il ressort avec un sachet du produit demandé. Après le deuxième client, il est interpellé, seul – il manquait des effectifs pour arrêter le client avec lui.
Dans une cachette du parking : de la résine de cannabis, de l’herbe et du crack. Steve admet sans problème qu’il était là pour vendre, de 15h à minuit, pour un salaire de 100 euros.
« Mais vous dites que la cachette du parking, ce n’était pas la vôtre.
– C’est ça, moi je cachais les stupéfiants derrière un buisson. »
Pourtant, les produits retrouvés sont emballés dans un sachet identique à ceux retrouvés sur vous. Et puis, les policiers ont noté que cela vous avait pris quelques secondes seulement pour récupérer la drogue, ce qui n’est possible qu’avec cette cachette.
– Moi, ce que je sais, j’étais en train de bosser, et les policiers m’ont mis la cocaïne sur le dos.
– Quand vous dites bosser, vous voulez dire dealer de la drogue ? Donc ça ne s’appelle pas bosser, c’est illégal. Vous vendiez quoi ?
– Du shit et de la beuh.
– Ça change quoi pour vous ?
– Ce n’est pas de la drogue dure.
– Et donc si on vous avait demandé de vendre du crack, vous auriez dit non ?
– Pourquoi vous vendiez ?
– Pour subvenir à mes besoins. Me nourrir, m’habiller.
– Vous n’aviez pas un travail ?
– Si, mais on m’a viré.
– Pourquoi on vous a viré ?
– J’avais un véhicule et on me l’a pris car il me manquait un truc.
– Ce n’était pas le permis qui vous manquait ?
– Si. »
A 19 ans, Steve, qui vit chez sa mère, a deux condamnations à son casier, toutes les deux pour des infractions liées aux stupéfiants. « Au bout de trois fois on fait quoi, on vous envoie en prison ?
– Je sais pas.
– Vous êtes en prison depuis dimanche, ça s’est passé comment ?
– C’est pas beau.
– Vous pensez que c’est là qu’il faut que vous alliez ?
– Je sais pas, mais c’est pas une solution. »
« Crack ou non », dit le procureur, il doit être déclaré coupable. Il demande 18 mois, dont 8 mois ferme avec aménagement ab initio sous la forme d’une surveillance électronique. « La prochaine fois, ce sera un mandat de dépôt. »
L’avocate dit être d’accord avec le procureur. « Je vais peut-être avoir l’audace de vous demander de revoir le quantum à la baisse », mais le tribunal ignore cette audace en condamnant Steve aux réquisitions (interdiction de paraître à Cergy et obligation de travail).
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