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CHRONIQUE JUDICIAIRE. Salim, 35 ans, est prévenu du harcèlement de son ex-compagne et de violences, en présence de leur fils mineur. Depuis les faits, il a réfléchi et reconnait devant le tribunal les faits qui lui sont reprochés.

« Effectivement je reconnais les faits. Je suis allé rôder devant la maison, pour voir s’ils étaient en sécurité. Bien sûr, y a de la jalousie, j’étais son premier amour, son premier compagnon. La séparation était dure, le divorce, je l’ai mal vécu. Mais tout ça, c’est du passé ».
Au premier rang de la salle n°2 du tribunal judiciaire de Pontoise, une petite femme blonde écoute, raide, la voix qui provient du large dos devant elle. Son visage demeure impassible.
Derrière son grand bureau, la présidente demande à l’homme à la barre :
« Vous ne vous êtes pas dit que c’est justement le fait d’aller tout le temps devant chez madame qui pouvait l’insécuriser, elle ?
– C’était pour aller voir si mon fils allait bien. C’était une maison qu’on avait achetée à deux, c’était pas évident pour moi de tourner la page, mais oui, je reconnais. »
Le 5 avril 2025, Salim, 35 ans, s’est énervé sur sa femme en présence de leur jeune fils. Il a frappé fort sur la table et a haussé le ton. Sa femme l’a filmé, alors il l’a bousculée et lui a arraché le téléphone, qu’il a brisé.
Début 2026, la femme porte plainte pour ces faits et des faits de harcèlement, dont elle dit être victime depuis plus d’un an, de la part de Salim. Elle explique avoir quitté son conjoint violent (des violences habituelles non retenues dans les liens de la prévention, ndlr), et qu’il rôde depuis devant chez elle, questionne ses voisins sur sa vie, des faits qui ont causé chez elle, note un expert, un « épuisement psychique dépressif, une stratégie d’évitement, un état de stress », pour un total de 6 jours d’ITT psychologique.
« Les faits du 5 avril, vous les reconnaissez ?
– Oui, ce jour-là j’étais venu voir mon fils, j’ai pleuré, elle filmait, j’ai mal réagi.
– Il y avait aussi un problème d’alcool ? Les voisins disent qu’à chaque fois que vous veniez, vous étiez alcoolisé. Madame l’évoquait aussi
– Effectivement, il y avait une consommation d’alcool, et depuis j’ai arrêté. Je buvais 2 ou 3 verres, j’étais alcoolisé, c’était un soulagement. Je consommais régulièrement. Aujourd’hui j’ai un suivi psychiatrique régulier en addictologie. »
La présidente prend un petit ton de maîtresse d’école : « Vous en pensez quoi de tout ça, monsieur ?
– C’était honteux. J’ai suivi un stage de sensibilisation aux violences conjugales, j’en suis ressorti focus sur mon fils. Aujourd’hui je me reconstruis dans l’amour de ce fils que j’aime tellement.
– Dans quel cadre avez-vous suivi ce stage ?
– Sur recommandation de mon avocate. »
La plaignante est appelée à s’exprimer, mais elle n’a rien à ajouter, sinon qu’aujourd’hui ils se sont organisés pour la garde alternée de l’enfant : elle le dépose chez lui, les contacts sont réduits à leur minimum. « Vous attendez quoi de cette audience ?
– De me sentir tranquille chez moi.
–Vous avez encore peur aujourd’hui ?
– Non. »
Une juge assesseure demande à Salim pourquoi il « rôdait » devant le domicile de son ex-compagne, il répond qu’il était inquiet. « Vous aviez des raisons d’être inquiet ? » Non, je suis juste un papa, répond Salim. « C’est pas parce que vous êtes papa que vous avez le droit de faire ça. » Salim en convient, puis dit qu’il aimait voir pousser les arbres qu’il avait plantés.
« Parfois des mis en cause ouvrent leurs oreilles et leur porte, et je m’engouffre dans leur porte. Du haut de mon estrade, je m’adresse à lui comme un aîné de 20 ans, pour dire que ça arrive de commettre des erreurs », s’envole le procureur dans son réquisitoire, touché par l’amendement du prévenu. « Il faut se dire : comment devenir une meilleure personne à partir de cette expérience de la vie. Je sens encore qu’il y a une fragilité derrière. »
Le procureur demande 9 mois de prison avec sursis probatoire (interdiction de paraître au domicile, obligation de soins). La défense n’a pas grand-chose à ajouter, sinon qu’elle préfèrerait un sursis simple, mais le tribunal décide de suivre, strictement, les réquisitions.
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