Article précédent

Lundi 28 septembre, la juridiction accueillait officiellement ses nouveaux effectifs lors de son audience solennelle de rentrée. Une cérémonie chaleureuse, dans un contexte « particulièrement faste » pour le tribunal, qui avait bien besoin de ce début de renforts.

Les audiences solennelles de rentrée sont l’occasion de mettre des visages sur les décrets de nomination. Ce matin-là, au tribunal judiciaire d’Evry, 29 nouveaux magistrats et fonctionnaires ont intégré officiellement la juridiction et été accueillis par leurs pairs et familles, assis en rangées étroites dans la salle de la cour d’assises. A Evry, « la moitié de la juridiction se renouvelle chaque année », a précisé en introduction Guillaume Meunier, président du tribunal judiciaire.
Ils ont été assistants de justice, avocats, juriste dans le privé ou même journaliste pour France 2. Les magistrats qui ont rejoint, en ce début du mois de septembre, le tribunal essonnien, sont issus de parcours variés et prennent pour la majorité leur tout premier poste de juge ou de parquetier après leur formation initiale à l’ENM.
Grégoire Dulin, procureur de la République, s’est réjoui aussi de l’arrivée de 13 nouvelles recrues au ministère public, et en a profité pour remercier les membres de son équipe qui ont trouvé d’autres juridictions. « Ils ont marqué ce parquet par leur engagement au profit des justiciables et de la juridiction », a souligné le magistrat. Aux nouveaux venus, pour la plupart issus de la promotion Renaud Van Ruymbeke, il a redonné du contexte et présenté Evry comme une juridiction à l’activité « particulièrement faste ».
« Vous avez en un mois appris à découvrir la délinquance du ressort », entre les règlements de compte, le proxénétisme des mineurs ou encore « le petit dernier », « le parking sauvage ». « J’ai réclamé une augmentation sensible des effectifs et une amélioration sensible des conditions de travail », a poursuivi Grégoire Dulin.
Les locaux du parquet, récemment refaits, ont été présentés comme « l’appartement témoin de la juridiction » : un début de travaux bienvenu qui n’est « pas seulement un coup de peinture ». Pour le président, c’est aussi le début du « rétablissement de la confiance dans l’institution judiciaire ». « Car la justice, c’est aussi ce qu’on en voit au quotidien. »
Son prochain combat : faire changer la moquette des bureaux, qui date de 1975, la date de la construction de ce tribunal. « Il nous faut aussi de nouvelles salles d’audience », a-t-il adressé à son auditoire. Mais le procureur l’a rappelé : en ces temps de restrictions budgétaires et de réorganisation de l’activité pénale, conséquences de « l’affaire Lyhanna » oblige, les magistrats d’Evry pourront quoiqu’il arrive compter sur « le soutien indéfectible » des chefs de cour de la cour d’appel de Paris. Cette année, l’actualité aura durablement marqué les pratiques professionnelles des parquetiers, a insisté Grégoire Dulin.
« Nous étions seulement 32, nous sommes aujourd’hui 37, c’est parfaitement justifié au regard de l’activité pénale », a salué encore le procureur. Dans ce département francilien où 100 000 procédures pénales sont en attente dans les services de police et de gendarmerie, les effectifs d’enquête continuent de manquer durablement. Mais, au-delà des difficultés du quotidien, les nouvelles recrutes intègrent « une équipe engagée, investie, diverse, soudée », a assuré Grégoire Dulin, qui s’est permis ce trait d’humour : « Vous serez tous soumis aux aléas du RER D, un facteur de cohésion ! » Un running gag au TJ d’Evry.
Le siège n’est pas en reste et a accueilli lui aussi, en cette rentrée, de nouveaux effectifs dans la plupart de ses services. 16 nouveaux magistrats sont venus compenser 14 départs, et parmi eux, deux nouvelles vice-présidentes au service correctionnel. Guillaume Meunier, qui les a félicités à son tour, a dit « admirer sincèrement la motivation de [ses] jeunes collègues dans un tel contexte », celui d’un tribunal « qui n’avait jamais autant travaillé ».
Regrettant certains propos tenus à l’Assemblée nationale dans le cadre de l’examen de la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, comme ceux qui ont décrit la justice comme « partie intégrante, broyant ceux qu’elle est censée protéger », il a enfin salué les professionnels qui font aujourd’hui le choix de la magistrature et « celui d’une justice qui garde le cap avec exigence et humanité, de façon constructive ». « Votre carrière vous confrontera à des situations de tension extrême. Votre déontologie sera une protection. (…) Vous connaîtrez le doute, mais aussi la solidarité à l’œuvre entre ces murs et au-delà ».
LIRE AUSSI
THÉMATIQUES ASSOCIÉES
Infos locales, analyses et enquêtes : restez informé(e) sans limite.
Recevez gratuitement un concentré d’actualité chaque semaine.
0 Commentaire
Laisser un commentaire
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *