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AVEC AFP. La juridiction administrative a reconnu que les détenus subissaient des « conditions de vie indignes », mais a estimé que son pouvoir ne se limitait qu’à la prescription de mesures pouvant produire des effets rapidement, renvoyant à la politique pénitentiaire globale pour le reste des demandes.

Le tribunal administratif de Melun a reconnu, lundi, l’indignité des conditions de détention au centre pénitentiaire de Fresnes, mais n’a ordonné que deux mesures immédiates sur les 28 réclamées par l’Observatoire international des prisons (OIP).
Une audience s’était tenue vendredi sur requête de l’OIP, soutenue par le Conseil national des barreaux (CNB), l’Association des avocats pénalistes (Adap) et Avocats pour la défense des droits des détenus (A3D).
Dans son ordonnance, consultée par l’AFP, le juge des référés constate que la prison connaît une situation de « surpopulation carcérale » conjuguée à des « conditions de vie indignes dans des locaux vétustes et inadaptés, une hygiène dégradée, un personnel insuffisant et débordé et un climat de tension permanente ».
Mais il souligne que son office lui permet seulement de prescrire des mesures susceptibles de produire des effets à très bref délai et non des réformes d’ensemble relevant de la politique pénitentiaire.
Le tribunal estime ainsi que la surpopulation (taux d’occupation de 171 % fin 2025) est « la cause première et structurelle de la grande majorité des défaillances » à Fresnes, mais que les mesures pour y mettre fin sont de nature structurelle et ne peuvent être ordonnées en référé-liberté.
Les deux seules injonctions auxquelles le juge fait droit sont le nettoyage approfondi des douches collectives et le débouchage des évacuations d’eau qui le nécessitent, ainsi que le rétablissement des permissions de sorties collectives des détenus.
En revanche, il rejette les demandes concernant les violences imputées à certains surveillants, le cloisonnement des toilettes, les moisissures et fuites dans les cellules, les nuisibles, les fouilles à nu, l’accès aux soins, le secret médical ou encore les conditions d’accueil dans les parloirs et les cours de promenade.
« Comment la justice peut-elle être à ce point insensible à la situation que vivent les personnes détenues ? », s’est interrogé Nicolas Ferran, responsable du pôle contentieux de l’OIP, déplorant une « forme de banalisation de l’horreur ».
Dans un rapport publié début juillet, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Dominique Simonnot, avait estimé que la « suroccupation chronique » de Fresnes portait « une atteinte grave à la dignité des détenus et aux conditions de travail du personnel ». En conséquence, elle avait demandé qu’aucune nouvelle incarcération n’intervienne au sein de l’établissement.
Contacté par l’AFP, le ministère de la Justice n’était pas joignable dans l’immédiat pour réagir à l’ordonnance.
L’OIP dispose de 15 jours pour faire appel de la décision.
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