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Aux comparutions immédiates versaillaises, William I. est prévenu d’avoir menacé de mort son ancienne compagne, quelques jours à peine après sa sortie de détention.

En cette fin d’année scolaire, il y a une trentaine de collégiens, debout au fond de la salle d’audience. William I., 30 ans, comparaît pour une menace de mort matérialisée – par un message sur Facebook – à l’endroit de son ancienne compagne, Lola C. : « Je vais te tuer sale pute ».
Ce qui est un peu particulier dans ce dossier, c’est que William I., condamné à plusieurs reprises pour les mêmes faits, venait juste de sortir de détention, et qu’il portait un bracelet anti-rapprochement, précisément destiné à s’assurer qu’il ne puisse plus approcher de Lola C.. Il avait justement coupé son BAR – et ce n’était pas la première fois, puisque c’était précisément la cause de son incarcération -, avant de s’envoler pour le Maroc, de rater un rendez-vous avec sa conseillère pénitentiaire d’insertion et de probation (CPIP), d’écoper d’un mandat d’arrêt du juge de l’application des peines (JAP), et d’être interpellé par la police aux frontières (PAF) à la descente de l’avion du retour.
William I. et Lola C. sont restés quatre ans ensemble. Ils ont un enfant ensemble, un fils, dont elle dit qu’il « n’a jamais fait de démarches pour le reconnaître ». En 2020, il lui a « mis une baffe, une seule fois ». « C’est une fois de trop », intercale le président. Depuis sa toute première incarcération, il n’a cessé de rentrer en contact avec elle au mépris de toutes les interdictions possibles, coupant même au passage pas moins de trois BAR successifs. « J’ai tout essayé, explique-t-elle à la barre : j’ai essayé le silence, j’ai essayé de déposer plainte, j’ai même répondu à un de ses appels de détresse en 2025 ».
Elle raconte que, quand les policiers sont venus la prévenir que William I. s’était volatilisé, ils avaient essayé de préserver le fils – d’à peine six ans – en le tenant à l’écart, mais que ce dernier avait spontanément lâché : « Il a encore coupé son bracelet… ». « Je n’attends plus de monsieur des excuses ou un changement », poursuit Lola C. : « Je veux une protection durable. Le BAR, même s’il le coupe tout le temps, c’est quand même un outil de mesure de son impulsivité ».
« Madame ne vous dit pas tout… », objecte William I. depuis le box : « J’ai été condamné en juillet 2022, je suis sorti en décembre, on s’est revu au bout de deux jours et on est parti en vacances en Italie en amoureux. » Un classique.
« Ça fait pas quatre ans que je suis là comme un acharné à essayer de la récupérer, enchaîne-t-il, ça fait quatre ans qu’on se remet ensemble. […] J’ai envie de reprendre, j’en ai marre de la détention ». Il concède que « oui, j’ai envoyé un message que j’aurais pas dû », mais précise que « je vivais dans la rue à Paris, et je devais recharger mon BAR dans les gares comme un clochard ». Sur la suite, il estime que « c’est fini de toutes façons. J’ai des interdictions. J’ai pas envie qu’il y ait encore des problèmes. Je compte pas reprendre une relation avec elle, je m’excuse, je suis désolé, jamais j’aurais mis mes menaces à exécution ». Sa tirade n’est que moyennement rassurante : « Si j’avais voulu faire des choses, je l’aurais fait depuis longtemps. Et j’ai jamais enlevé mon fils non plus ! ».
« Tout le contexte est extrêmement inquiétant », entame la procureure : « Il n’a jamais fait preuve d’empathie pour la victime. Moi ce que je crains, c’est un passage à l’acte, et la justice doit intervenir avant ce passage à l’acte, [au vu de] sa dangerosité ». Elle réclame deux ans ferme avec maintien en détention, et une interdiction de contact et de paraître par la suite. L’avocate de William I. annonce qu’elle va plaider « rapidement puisque les faits sont d’une simplicité biblique, et en plus ils sont reconnus ».
Pour elle, « c’est une relation tumultueuse, avec des reprises de relation. Les choses en matière conjugale sont toujours beaucoup plus complexes que ça. […] Je pense qu’il a compris aujourd’hui que sa relation avec Madame était terminée, et que s’il voulait rentrer en contact avec son fils, il y avait des voies judiciaires officielles pour cela, sans passer par la maman ».
William I. se relève pour son dernier mot : « Je sais pas si je l’ai déjà dit, mais je m’excuse en tout cas d’avoir fait ça. J’ai pas envie de reprendre une peine. Ça me fait chier, pour dire les mots. Je vais pas tuer Lola, je vais pas lui faire de mal, je suis pas un fou, je suis pas Xavier Dupont de Ligonnès. Je voudrais un sursis probatoire, une semi-liberté, n’importe quoi, parce que ça fait des années que j’ai pas vu l’été dehors ! ». Déclaré coupable, William I. écope de 15 mois ferme avec maintien en détention, et interdiction de contact et de paraître pour trois ans.
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