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CHRONIQUE JUDICIAIRE. Un homme d’une quarantaine d’années est prévenu pour des faits de violence suivis d’incapacité n’excédant pas 8 jours, 5 en l’occurrence, sur sa partenaire. Il demande le renvoi de son affaire. Au tribunal, il affirme ne pas avoir eu le temps de préparer sa défense.

Les faits remontent au 27 septembre 2025, au domicile d’un couple qui cohabite encore malgré leur séparation. Ce jour-là, l’ex-compagne de Théo R. aurait subi une balayette et, une fois à terre, des coups de pied. Son ex-conjoint aurait par ailleurs exhibé un couteau en menaçant de la « piquer ».
L’homme comparaît également pour des menaces de mort présumées. « Je vais te rendre handicapée », « je vais te brûler : je n’ai pas peur de la prison », égrène la présidente du tribunal correctionnel de Melun, ce mardi 4 août. « Il faut qu’elle revienne, sinon il va se passer des choses », lit encore la juge dans son rappel des faits.
Du vitriol pur sorti de la bouche d’un homme auquel on ne prêterait pas une telle violence si l’on devait s’arrêter aux apparences : une petite taille, un corps frêle, une aura timide.
A la juge, le quarantenaire expose les motifs de sa demande de renvoi :
« J’ai manqué de temps pour pouvoir demander l’aide juridictionnelle, explique-t-il.
-Mais vous pouviez le faire depuis avril 2026« , s’étonne la juge.
Le prévenu fait valoir une situation personnelle complexe et plusieurs contretemps : il est actuellement hébergé dans des foyers ou par des associations, sans « accès à son adresse, sans véhicule ni permis, et sans téléphone ». Son portable, il l’aurait « perdu », ce qui rend « impossible ses démarches en ligne ».
« Je suis seul, personne ne peut m’aider », témoigne-t-il à la barre. Son travail de cariste est « loin » des multiples domiciles que l’aide sociale lui attribue. Et sa priorité plutôt que de préparer sa défense a été de conserver son travail. Ce qu’il a visiblement eu du mal à faire pendant un temps : « J’ai perdu provisoirement mon emploi à cause de ma situation de logement, avant de retrouver une place dans ce secteur. »
« J’apprends cette demande de renvoi à l’instant. Monsieur est convoqué depuis le 17 avril, ce qui me semble suffisant pour faire une demande d’aide juridictionnelle », s’agace l’avocate de la plaignante, une jeune femme enceinte, petit gabarit elle aussi, aux longs cheveux blonds et au visage juvénile. « Il affirme qu’il n’a pas eu le temps de réunir tous les documents, mais il n’y en a pas des centaines non plus », abonde le procureur qui s’oppose à la demande de renvoi.
Après délibération, la juge fait droit à la demande du prévenu, lui octroyant un délai de 4 mois supplémentaires pour préparer sa défense. « C’est le seul qui vous sera accordé » prévient-elle, avant d’aborder les mesures de sûreté concernant Théo R., placé sous contrôle judiciaire dans le cadre de cette affaire. Le prévenu a interdiction de paraître au domicile de son ex-conjointe ou d’entrer en contact avec elle.
« Vous avez également une obligation de suivi de soins, relève la juge. Qu’en est-il ? Je n’ai pas de justificatifs.
-Il y a eu un problème dans le suivi de mon dossier, mais le juge des libertés m’a dit qu’un suivi par le médecin traitant suffisait. J’ai le document avec moi.«
La juge relève que Théo. R n’a jamais été condamné auparavant, qu’il respecte le contrôle judiciaire et qu’il est « inséré » : il s’est présenté à toutes les convocations et a repris l’intérim.
« Consommez-vous du cannabis ?, demande la juge à brûle-pourpoint.
-Deux à trois fois par an, maximum, répond le prévenu. Et je ne bois pas d’alcool.«
Invitée à faire des observations, la partie civile demande le maintien du contrôle judiciaire en l’état et insiste sur l’interdiction de paraître au domicile de la victime.
Le couple est séparé depuis 2024 mais cohabitait au moment des faits car le bien acheté en commun est « indivisible », précise l’avocate de la plaignante. « Madame souhaiterait y rester. Elle a entrepris des démarches judiciaires et fait rédiger un acte notarié que Monsieur a refusé de signer. Les violences ont eu lieu pendant la cohabitation et c’est ce contexte qui crée des tensions ». En attendant une régularisation de cette situation, « le contrôle judiciaire assure à Madame paisibilité et jouissance du bien », ajoute-t-elle.
Avant de passer à l’affaire suivante, la juge s’assure que le prévenu comprend les enjeux du maintien sous contrôle judiciaire : « Si vous violez les obligations de ce contrôle, vous risquez la détention », rappelle-t-elle.
« J’accepte les termes de ce renvoi, mais je n’ai pas été violent avec Madame, conclut Théo R.
-Déposez au plus vite votre dossier d’aide même si novembre vous paraît loin« , conseille la juge au prévenu, dans un dernier effort de pédagogie.
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