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Né de la volonté de 34 avocats de s’émanciper du barreau de Paris, le barreau val-de-marnais célèbrera le 10 octobre prochain son demi-siècle d’existence. En 30 ans, l’un des 20 plus grands barreaux de France a connu son lot d’évolutions.

Un tribunal en préfabriqué, un jeune département et une trentaine d’avocats « mus par la fougue de leur jeunesse ». Il n’en fallait pas plus pour que le barreau du Val-de-Marne, qui fête cette année son cinquantième anniversaire, voie le jour.
Le 12 mars 1976, trente-quatre avocats « ambitieux » faisaient le pari de s’émanciper du barreau de Paris dont ils dépendaient. Leur volonté : se regrouper auprès du tout jeune Tribunal de grande instance (TGI) de Créteil, devenu depuis tribunal judiciaire.
L’actuel bâtonnier du barreau val-de-marnais, François-Xavier Lucas, porte un regard fier sur cette décision. « Le pari fut gagnant ». Cinquante ans plus tard, ce barreau « à taille humaine » compte plus de 600 avocats et figure parmi les vingt plus grands de France. Il est présent dans tous les champs du droit, « du juridique au judiciaire, de la défense pénale aux affaires commerciales, du contentieux civil aux conflits du travail », énumère l’avocat.
Les fondateurs ont d’ailleurs rapidement été rejoints par d’autres avocats, « animés d’une même idée de la justice » : qu’elle soit plus « proche, solidaire mais toujours exigeante ». Un héritage que François-Xavier Lucas revendique encore aujourd’hui : « Loin de l’anonymat du grand frère parisien et de ses plus de 35 000 avocats, le barreau du Val-de-Marne cultive la convivialité qui le caractérise, ce qui en fait un barreau envié ».
« C’est un barreau où l’entraide est reine, les plus anciens prêtant aide et assistance aux plus jeunes et les plus jeunes respectant les anciens », peut-on encore lire sur le site du barreau.
Accueillant toujours plus d’avocats d’année en année, le barreau a également vu le nombre de commissions s’accroître, et les initiatives se lancer. Parmi elles, la création de la Société civile coopérative du barreau, pour faciliter l’exercice de la profession d’avocat, le concours d’éloquence Jacques Vergès destiné aux étudiants de l’université Paris Est Créteil (UPEC), ainsi qu’un tournoi de football des barreaux franciliens.
La précédente bâtonnière Yolaine Bancarel a également lancé les expositions éphémères, chacune consacrée à une thématique différente. Une initiative qui fait « désormais partie du décor », que François-Xavier Lucas compte bien « inscrire dans le temps ».
Plus récemment, le bâtonnier a relancé le « Billet de l’Ordre », ancien outil d’information du barreau et de ses partenaires. « J’ai décidé de renouer avec la tradition avec un Billet de l’Ordre revisité façon newsletter du barreau, lequel a vocation à redevenir l’outil qu’il était », explique-t-il.
Mais les évolutions ne s’arrêteront pas ici : l’avocat entend bien « simplifier autant que faire se peut le quotidien des cabinets pour que les avocats puissent se consacrer à l’essentiel, c’est-à-dire la défense de leurs clients ».
Il prend notamment l’exemple de la facturation électronique, dont les premières dispositions sont entrées en vigueur le 1er septembre 2026 et à laquelle les avocats sont assujettis.
« Bien que présentée par ses artisans comme un outil de simplification, comment ne pas y voir une sujétion supplémentaire pour les cabinets qui, notamment au sein de mon barreau, sont majoritairement des petites structures et des avocats exerçant à titre individuel ? L’ensemble de ces contraintes, conjugué avec des réformes qui n’ont de cesse que de complexifier l’exercice du métier d’avocat, constituent l’une des premières causes de mal-être dans la profession », développe le bâtonnier.
Pour célébrer « cinquante ans d’engagement » d’un barreau « jeune, dynamique et solidaire », un « gala du cinquantenaire » est prévu le 10 octobre prochain. Rendez-vous au Pavillon Baltard, « lieu emblématique du département, chargé d’histoire, ancien pavillon des Halles de Paris comme un clin d’œil à ce qui deviendra le marché international de Rungis ».
« Une parenthèse heureuse dans le quotidien trépidant de chacun », espère François-Xavier Lucas.
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