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Dans sa dernière chronique, Étienne Madranges, de retour d’Égypte, évoquait le sort de l’enfant-roi, le jeune pharaon Toutânkhamon, vedette du nouveau grand musée égyptien du Caire. Cette semaine, il nous propose d’aller à la rencontre de Maât, tout à la fois déesse de la justice et concept d’ordre et d’harmonie universelle que s’appropriaient les pharaons.

Dans l’Égypte des pharaons, la justice n’est jamais un simple appareil d’État, encore moins une abstraction froide. Elle porte un nom, « Maât », elle a un visage, elle est une divinité portant une plume d’autruche. La justice est une plume. Une plume d’autruche, car « Maât » s’écrit avec le hiéroglyphe de la plume de cet oiseau aux plumes légères mais grandes, idéales pour la balance, vivant dans le désert qui est un espace de vérité nue sans artifice.
Si la déesse « Maât » représente la justice avec sa plume, le « Maât » est bien plus que cela : il désigne tout à la fois l’ordre du monde, la rectitude morale, l’équilibre des saisons, la mesure dans la parole, la justesse dans le geste. On pourrait croire à un slogan politique ; c’est plutôt un concept cosmique et universel. Le Nil déborde « comme il faut », « sans détruire », le soleil se lève « à sa place », les hommes vivent « dans la bonne proportion » : tout cela, c’est Maât ! Et si tout cela semble incontournable, c’est parce que le roi, pharaon, se présente d’abord comme celui qui « fait Maât », celui qui met en œuvre ce concept sur terre.
Les grandes ailes souvent déployées par la déesse de la justice et de la vérité renvoient à sa fonction de
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