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Notre chroniqueur est allé étudier les esquisses élaborées par Claire Tabouret pour créer de nouveaux vitraux à Notre Dame de Paris destinés à remplacer des vitraux du XIXe siècle toujours intacts après l’incendie et la restauration de la cathédrale. Il revient sur les litiges ayant opposé un autre artiste, Daniel Buren, à l’État et aux opposants à l’introduction de l’art contemporain dans l’espace patrimonial ancien.

Il est des œuvres qui ne se contentent pas d’occuper l’espace : elles l’assignent. Les colonnes de Daniel Buren, dressées à Paris dans la cour du Palais-Royal, ne furent jamais de simples cylindres rayés. Elles furent d’emblée des pièces à conviction. Non pas seulement dans le procès du goût, toujours éternel et parfois frivole, mais dans celui, plus sévère, du droit.
Car la France, vieille nation de pierres et de jurisprudence, n’aime rien tant que juger ce qui prétend durer.
L’affaire commence comme une tragédie administrative : un ministre s’emballe, un artiste s’enflamme et cède à l’ivresse de la création, des riverains s’émeuvent, des associations protestent, des juges suspendent. Le chantier vacille, l’art chancelle, et la loi, soudain, s’interroge. Peut-on transformer un lieu classé en terrain d’expérimentation esthétique ? Peut-on, sous couvert de modernité, altérer l’ordre des choses anciennes ?
Peut-on remplacer des automobiles par des colonnes mobiles ? En 1985, le ministre de la culture Jack Lang veut supprimer le parking qui enlaidit, sous ses fenêtres, la cour du Palais-Royal à Paris. Il confie à Daniel Buren, sans concours préalable ni appel d’offres, le soin d’aménager ce qu’il est convenu d’appeler « les Deux Plateaux ». L’artiste conçoit la mise en place de 260 colonnes rayées en noir et blanc, de hauteurs variables.
Dès l’annonce du projet, un tollé général réunit journalistes,
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